Donner du sens à l’action

les décisions de l’Etat depuis le début de la pandémie ont-elles toutes un sens ?

L’arbitraire comme méthode de gouvernement

Nous comprenons tous que cesser totalement le confinement à compter du 11 mai eût été une erreur lourde de conséquences du simple fait que le confinement généralisé depuis la mi-mars n’a pas fait disparaître le virus comme par miracle. Il est là et bien là. Et il tue encore.

Le gouvernement nous assure qu’à compter du 11 mai, les tests vont être réalisés en grand nombre. Wait and see…

Publier quotidiennement une carte de France des départements atteints par le virus en faisant apparaitre le degré de circulation du virus est également une bonne chose. A condition de ne pas se tromper en intégrant le Lot, le Cher et la Haute-Corse dans les départements rouges où la circulation du virus est la plus intense, alors même qu’ils font partie des zones les moins touchées.

Malgré des commentaires plutôt bienveillants sur cette erreur, elle est signifiante. Le Ministère des Solidarités et de la Santé est pourtant entouré d’innombrables experts, de commissions, de comités en tout genre et faire une erreur aussi grossière démontre une fois de plus que l’inflation galopante de ces comités d’experts nuit gravement à l’efficacité de l’action de l’Etat.

La France est bien plus malade de la multitude d’agences d’Etat que du Covid19 ! L’IFRAP en dénombre 1200 pour un coût annuel de 80 milliards ! Et on a pu apprécier l’efficacité redoutable de l’Etat pour gérer cette pandémie !

Plus l’Etat est obèse, moins il est efficace. En temps ordinaire, cela se manifeste par d’innombrables lourdeurs administratives, des tonnes de CERFA sous lesquelles croulent les entreprises, et par l’inaction. Le pays n’avance plus. On le perçoit tous les jours. La machine est grippée. Et le principe de précaution inscrit dans la Constitution et interprété de manière très large n’arrange rien.

Alors en temps de crise comme celle que nous vivons aujourd’hui, ces lourdeurs deviennent de véritables boulets. Qui est décideur ? la chaîne de commandement est-elle claire pour tout le monde ? on en doute, ou plus exactement, on n’a plus de doute lorsqu’on voit les atermoiements, les contradictions, les mensonges, les incohérences qui ont marqué la gestion de cette pandémie.

Dans une crise de cette ampleur, il est nécessaire d’avoir une réactivité très forte. Une fois les choses posées, l’action réfléchie, coordonnée, doit commander. Et l’information doit être claire, sans ambiguïté, sincère…

La limite des 100 kilomètres imposée aux personnes habitant dans les départements procède de cette  absence de sens donnée à l’action du gouvernement. Pourquoi 100 km et pourquoi pas 50, 80 ou 150 km ? Cette nouvelle limitation des libertés fondamentales n’a pas de justification. Que les départements classés «rouges » ne puissent pas se déplacer sauf motif valable dans les autres départements, cela peut s’entendre. Et les motifs valables ne sont pas seulement ceux liés au travail ou pour des motifs familiaux impérieux. Il y a des personnes qui vont à la rentrée quitter leur domicile et leur entreprise parce qu’ils ont été nommés ailleurs. Ces personnes vont-elles attendre fin juillet pour trouver un logement, déménager, inscrire leur enfants à l’école ?

Mais de cela, nos gouvernants n’en n’ont cure.

Cette limite de 100 km crée d’abord une injustice.

D’abord à l’égard des populations qui vivent sur le littoral ou dans une île. Anecdotique, me direz-vous ?  Pourtant ceux-ci ont la triple peine :

– Tracez un cercle de 100 km autour de ces îles ! ils ont peu d’espace accessible puisque pour l’essentiel c’est la mer.

– ils ne peuvent quitter l’île que deux fois par semaine 

– Ces deux allers-retours sont soumis aux horaires des bateaux.

Certains rétorqueront que c’est un cas extrême. Et cependant l’égalité devant la loi ne doit pas être un vain mot.

Cette limite de 100 km n’a pas de sens.

Quel sens donner à cette décision arbitraire ? Est-ce pour limiter la transmission du virus ? Dans ce cas il ne faut pas fixer de limite kilométrique. Il faut continuer à interdire les déplacements. Car si je risque de transmettre  le virus ou d’être contaminé par celui-ci, je peux l’être à 100 mètres de mon domicile, ou à 5 km.

En réalité l’impression que donnent les pouvoirs publics depuis le début de la crise est celle d’un poulet sans tête qui court dans tous les sens. Et précisément, courir dans tous les sens n’a pas de sens.

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