De la pédagogie

Nos gouvernants sont d’éternels donneurs de leçons

Le désir permanent de nos gouvernants de « faire de la pédagogie » afin d’expliquer au bon peuple la politique mise en œuvre a quelque chose de profondément malsain dans une société libre et démocratique.

J’ai passé l’essentiel de ma vie – 40 ans – à faire de la pédagogie auprès de mes élèves et de mes étudiants. Ce fut une bien noble mission et ce malgré les erreurs commises – la pédagogie n’est pas une science mais un art.

Mais il ne me serait jamais venu un seul instant à l’esprit de faire de la pédagogie pour expliquer à mes collègues enseignants ou au personnel les décisions prises quotidiennement dans le cadre de mes fonctions. Cela eût été un manque de respect à l’égard de tous et assurément une forme de mépris.

Imagine-t-on un chef d’entreprise ou un cadre expliquer du matin au soir ses décisions à ses collaborateurs ? Assurément non.  

Le Littré nous rappelle l’étymologie de la pédagogie : du lat. pædagogus, qui vient du grec παιδαγωγὸς, de παῖς, enfant, et ἄγειν, conduire.

Un nom et un verbe : enfant et conduire. Ou l’art de rechercher les méthodes et pratiques d’enseignement les plus pertinentes, requises pour transmettre « un savoir (connaissances), un savoir-faire (capacités) ou un savoir-être (attitudes). » à des enfants, des élèves ou des étudiants.

Que je sache, nous ne sommes pas des enfants et le peuple que nous sommes n’a pas élu des professeurs pour nous expliquer le monde.

Nous avons donné à des hommes, dans le cadre d’une démocratie vivante, délégation de pouvoir pour un temps limité à celui des échéances électorales, afin que ceux-ci gouvernent avec sagesse et hauteur de vue et qu’ils réussissent dans leur entreprise. L’autorité qu’ils exercent n’a d’ailleurs sa justification que s’ils réussissent.

C’est ce qui est demandé à ceux qui nous gouvernent. Et en aucune manière de nous faire la pédagogie. D’ailleurs, plus ils en font, plus c’est confus. Un gouvernement sage et compétent, apte à gouverner, est compris de tous. Sans faire de pédagogie.

Et là se trouve sans doute le nœud du problème. Et cela ne date pas d’hier, même si nous connaissons aujourd’hui une concentration particulièrement élevée de zombies gouvernants !

En effet, on ne compte plus le nombre de crétins patentés, d’imbéciles DPLG, qui ont hanté et qui hantent les couloirs du pouvoir. Souvent incompétents, inaptes à exercer leur haute et noble mission, ils pérorent, professent, moralisent, s’évertuent à emm…le peuple comme aurait dit Pompidou.

Alors de grâce Mesdames et Messieurs les péroreurs, ni pédagogie, ni andragogie. Gouvernez sagement et réussissez. C’est pour cela que vous êtes payés.

Et comme le dit Voltaire,  « je connais l’ouvrage fanatique du petit jésuite contre Bayle ; vous faites bien de le réfuter… il est bon de faire voir que les honnêtes gens ne sont pas gouvernés par ces pédagogues raisonneurs, éternels ennemis de la raison ».  Voltaire, Lett. d’Argens, 21 juin 1739

Vous voyez, cela ne date d’aujourd’hui ! Mais tout est une question de concentration. C’est la quantité qui fait le poison.

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